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SOS-TORTURE / BURUNDI

RAPPORT N°73 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 6 MAI 2017

7 Mai 2017 , Rédigé par DDH-Burundais

Ce rapport de SOS-Torture couvre la période du 29 avril au 6 mai 2017 concernant les violations des droits de l’homme au Burundi.

Le rapport fait état d’une recrudescence des attaques armées et assassinats ciblés dans plusieurs localités du pays.  

Au moins six (6) personnes ont été tuées au cours de la période ci- haut citée, la plupart sont victimes des attaques armées non encore revendiquées par les auteurs.  Au cours de la même période, neuf (9) personnes ont été blessées. Parmi les attaques répertoriées, trois ont été menées à la grenade.

Le rapport fait aussi état d’arrestations arbitraires de deux ressortissants Rwandais dans la province Cibitoke (nord-ouest du pays). Ils ont été enlevés par le responsable du service des renseignements de Cibitoke, n’ayant pas communiqué leur lieu de détention, SOS-Torture Burundi craint qu’ils ne soient victimes des relations politiques  tendues entre le Burundi et le Rwanda depuis le début  de la crise  au Burundi, au lendemain de l’annonce  de la volonté de briguer un  troisième mandat par  Président Burundais Pierre Nkurunziza.

 

  1. Arrestations arbitraires, enlèvements et disparitions forcées se poursuivent

 

  • Le responsable du service national des renseignements (SNR) de la province Cibitoke (nord-ouest du pays) a arrêté Félix Nzarama et Damascène Nkundawayezu sur la colline Camakombe de la commune Mugina le 4 mai 2017 dans la soirée. Des témoins rapportent que l’officier du Service National des Renseignements « SNR » les a ligotés avant de les embarquer pour une destination inconnue.

SOS-Torture Burundi note que les deux hommes sont de nationalité rwandaise, pays frontalier au nord du Burundi avec la province Cibitoke dont les relations politiques restent tendues depuis le début la crise au Burundi. Des proches indiquent que MM. Nzarama et Nkundawayezu étaient venus à Cibitoke pour rendre visite à des amis. Le SNR, qui n’a pas communiqué leur lieu de détention, tenterait d’accuser les deux hommes d’espionnage pour le compte de l’armée rwandaise.

SOS-Torture Burundi tient à souligner que les deux ressortissants Rwandais  seraient des simples civiles et ne doivent pas être victimes des relations tendues entre le Burundi et le Rwanda. Le SNR doit rendre publique le lieu de détention de ces deux hommes, ainsi que les charges qui pèsent sur eux et non de  simples soupçons.

 

  1. Assassinats, exécutions sommaires et attaques armées répertoriés

 

  • Des individus armés ont attaqué à la grenade un bar dans la zone Kamenge, commune Ntahangwa (nord de Bujumbura) le 28 avril 2017 dans la soirée. Deux personnes ont été blessées au cours de l’attaque, mais les auteurs n’ont pas été identifiés à ce jour par la police.

 

  • Des individus armés ont aussi attaqué à la grenade le domicile d’un sénateur Burundais, M. Pascal Ntahonzigamiye, dans la zone Rushubi, commune Isale, province Bujumbura le 28 avril 2017 dans la soirée. Au cours de l’attaque, un policier affecté à la sécurité du sénateur a été tué, et trois autres de ses collègues  ont été blessés. La police n’a pas identifié les auteurs de l’attaque ni les mobiles. Le sénateur, élu du parti au pouvoir CNDDFDD, n’a pas été touché.

 

  • Des individus non identifiés ont assassiné James Habonimana surnommé ‘Mpongo’ sur la colline Bwayi, tout près de la colline Mugina en commune Mugina, province Cibitoke (nordouest du pays) le 30 avril 2017 dans la soirée. La victime a été égorgée par ses assassins. SOS-Torture Burundi a aussi appris que la victime est un commerçant de ‘ndagalas’ (petits poissons du Lac Tanganyika).

James était aussi un militant du parti d’opposition FNL (Front National pour la Libération) d’Agathon Rwasa, actuel vice-président de l’Assemblée Nationale. La police a arrêté cinq jeunes soupçonnés d’avoir assassiné cet homme. Les personnes arrêtées sont des miliciens Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir CNDD-FDD. Des proches craignent que James n’ait été victime de son appartenance politique, bien que la police invoque le vol comme mobile derrière   cet assassinat.

James Habonimana ‘Mpongo’ retrouvé assassiné à Mugina

 

  • Des individus armés ont attaqué à la grenade trois ménages sur les collines Mugoma et Muyebe, communes Musigati et Rugazi en province Bubanza (Ouest du Burundi) le 1er mai 2017 dans la soirée. Au cours de ces attaques successives, trois personnes ont été blessées. L’une des victimes est Irénée Nibitanga habitant la colline Mugoma. La police n’a pas encore identifiée les auteurs de ces attaques.

 

  • Des individus armés de fusils ont abattu Gilbert Ndayisaba dans la zone Rushubi, commune Isale, province Bujumbura le 2 mai 2017 dans la soirée. Des témoins rapportent que les tueurs, habillés de tenue de la police, sont entrés dans un bar où se trouvait la victime et l’ont abattu sur le champ. M. Ndayisaba est un ancien employé de la commune Isale. La police n’a également pas identifié les auteurs de l’attaque, ni le mobile derrière  cet assassinat. C’est la deuxième attaque armée à faire des victimes dans la zone Rushubi au cours de la semaine (le premier cas repris cihaut dans ce rapport).

M. Gilbert Ndayisaba, abattu par des individus armés à Rushubi

 

  • Le corps d’un homme assassiné a été découvert à la deuxième transversale sur la colline Mparambo II, commune Rugombo, province Cibitoke (nord-ouest du pays) le 4 mai 2017. La victime se nomme Nyabenda mais la police n’a pas identifié les auteurs de cet assassinat. Nyabenda présentait des blessures sur tout le corps.

SOS-Torture Burundi note que les cas d’assassinats dans la partie ouest et nord-ouest du pays (provinces Bubanza et Cibitoke) se multiplient, sans que la police ne puisse identifier et arrêter les auteurs de ces crimes.

  • Le corps d’un autre homme assassiné a été retrouvé sur la sous-colline Nyarurambi, colline Kigamba, commune et province Ruyigi (Est du pays) le 4 mai 2017. La police n’a pas identifié la victime, ni les circonstances de son assassinat. L’administration communale a ordonné l’enterrement de la victime le même jour, sans que l’identification n’ait eu lieu.

Des individus armés ont abattu Claude Bararufise dans le quartier Mirango I, zone Kamenge, commune Ntahangwa (nord de Bujumbura) le 4 mai 2017 dans la soirée. La victime travaillait comme rabatteur au parking des bus à Kamenge. La police n’a pas encore identifié les auteurs de l’attaque, ni les mobiles. Les mêmes individus ont aussi blessé une jeune fille nommée Nadine Tumberayezu au cours de l’attaque.

Claude Bararufise, abattu à Mirango dans la zone Kamenge

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