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SOS-TORTURE / BURUNDI

DECLARATION APRES LE SOMMET ORDINAIRE DES CHEFS D’ÉTATS DE L’EAC

26 Mai 2017 , Rédigé par DDH-Burundais

SOS-Torture/Burundi  a suivi avec attention le 18ème Sommet ordinaire des Chefs d’Etats de la Communauté Est-africaine, qui s’est déroulé à Dar-Es-Salaam le 20 mai 2017.

Ce Sommet précède de quelques jours une session de consultation de la société civile en exil comportant des clauses qui excluent certains leaders de la société civile prévue à Entebbe en Ouganda  les 24 et 25 mai 2017.

Face aux multiples crimes et graves violations des Droits de l’homme commis au Burundi depuis plus de deux ans, le constat est que les Chefs d’Etats de la Communauté Est-Africaine n’ont jamais condamné ces actes visant les citoyens burundais. Bien que les Chefs d’Etats des pays de la Communauté Est-Africaine s’étaient saisis du cas du Burundi et avaient désigné un Médiateur puis un Facilitateur pour résoudre la crise burundaise, ce 18ème Sommet de la Communauté Est-africaine vient de faire plusieurs pas en arrière alors  que le travail du Facilitateur Benjamin William Mkapa est au point mort depuis plusieurs mois.

SOS-Torture/Burundi  s’étonne des déclarations du Médiateur dans la crise burundaise, le Président de l’Ouganda Yoweri Kaguta Museveni, qui désapprouve la décision de l’Union Européenne d’avoir imposé des sanctions contre le Burundi ; arguant que cette décision devait être analysée au préalable par les pays de la Communauté Est Africaine dont le Burundi est membre. Ces sanctions rentrent parfaitement dans les engagements que le gouvernement burundais a pris vis-à-vis de l’Union Européenne et n’engagent que le Burundi, seul. Ces déclarations constituent un déni de tous les crimes et graves violations des droits de l’homme en cours au Burundi, et un soutien au Président burundais Pierre Nkurunziza, dont les agents de police et les miliciens Imbonerakure commettent ces crimes, depuis que le Président Pierre Nkurunziza a décidé de briguer ce troisième mandat, contesté, en violation la Constitution et à l’Accord de Paix d’Arusha, et en foulant aux pieds tous les principes démocratiques.

SOS-Torture/Burundi constate que la Communauté Est Africaine est incapable de trouver une solution à la crise burundaise qui a déjà fait plus de 2.000 morts, plusieurs centaines de victimes de disparitions forcées, plus de 8.000 arrestations arbitraires et au moins 500.000 personnes contraintes à l’exil, principalement dans ces mêmes pays de la Communauté Est Africaine.

SOS-Torture/Burundi demande à l’Union Européenne, de rester ferme sur ses positions et ses principes, et de maintenir, voire renforcer les sanctions tant le gouvernement burundais n’aura pas accepté de respecter ses engagements pris dans le cadre de l’Accord de Cotonou, et ne se sera pas engagé dans un dialogue inclusif pour mettre fin pacifiquement à la  crise. La récente adoption du projet de code pénal et code de procédure pénal par le gouvernement du Burundais, comportant une disposition dérogeant à l’exigence du mandat de perquisition et l’autorisation de celle-ci pendant la nuit constitue un recul grave.

SOS-Torture/Burundi demande également à l’Union Africaine et à l’Organisation des Nations Unies de constater l’échec de la Communauté Est Africaine dans la résolution de la grave crise que traverse le Burundi depuis 2015, et de s’impliquer pour que les crimes commis en silence au Burundi cessent rapidement, protéger le peuple burundais, et désigner un nouveau Médiateur, face au blocage et à la complaisance de l’équipe actuelle désignée par la Communauté Est-Africaine.

 

 

Le 22 Juin 2017

DECLARATION APRES LE SOMMET ORDINAIRE DES CHEFS D’ÉTATS DE L’EAC

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