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SOS-TORTURE / BURUNDI

Déclaration

16 Décembre 2016 , Rédigé par DDH-Burundais

  1. Une année après la création  de  SOS-TORTURE / BURUNDI, l'équipe d’initiative voudrait rendre public ce qui suit :

  1. C'était exactement le 11 décembre 2015 lorsqu’un groupe armé attaqua des camps militaires en Mairie de Bujumbura et à Mujejuru dans la province voisine de Bujumbura rural.  Cette attaque a été réprimée aveuglement par des agents des forces de l'ordre qui se sont rendus coupables de nombreuses violations des droits de l'homme. Les victimes étaient essentiellement des civils des quartiers ayant pris part aux manifestations contre le 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza 

  1. Cet événement tragique marquait l'aggravation de la crise consécutive au forcing du Président Nkurunziza à présenter sa candidature controversée aux élections en avril 2015.  C'est dans ce contexte qu'une prise de conscience est née chez les promoteurs de SOS-TORTURE/BURUNDI de documenter et dénoncer systématiquement les violations des droits de l’homme et  abus commis. Il fallait entre autres attirer l'attention des autorités gouvernementales, de l'opinion nationale et internationale sur l'ampleur grave des violations des droits de l'homme au Burundi et de demander à tous ceux qui le peuvent d'amener le Gouvernement du Burundi à mettre fin à ces violations

  1. Une année après, SOS-TORTURE / BURUNDI se réjouis déjà d'avoir été bien soutenue par le public burundais à travers une large participation citoyenne. En effet, les informations collectées et publiées à travers les 52 rapports hebdomadaires publiés jusqu'au 11 décembre 2016 proviennent régulièrement des victimes ou de leurs proches. D’autres sources sont constituées de témoins parmi lesquels se retrouvent des défenseurs des droits de l'homme,  des médias, des ONGs internationales, des policiers, des militaires, des agents de l'administration publique, parlementaires, des membres des partis politiques[1]

 

  1. Ainsi, grâce à cette contribution citoyenne, SOS-TORTURE/BURUNDI a enregistré, du 11 décembre  2015au 31 octobre 2016, un effectif de 236 personnes tuées y compris des cas d'exécutions extrajudiciaires, 35 cas de disparitions forcées, 1097 cas de torture et autres peines ou traitements cruels et dégradants 3621 arrestations liées à la crise et principalement arbitraires ou illégales, des fois opérées par des personnes non habilitées comme des militaires et des miliciens Imbonerakure du Parti CNDD-FDD. Ces chiffres sont en deçà de la réalité car SOS-TORUTRE / BURUNDI s’efforce de publier des informations vérifiables car la majorité des noms des victimes sont enregistrés dans les archives de la campagne. Ces données complètent celles des autres organisations ou institutions impliquées dans la protection des droits de l'homme et pourraient être mis à la disposition des enquêteurs des Nations Unies et de la Cour Pénale Internationale (CPI).

 

  1.  SOS-TORTURE se réjouis que ses efforts de documentation et de dénonciation des violations graves des droits de l'homme menées conjointement avec d’autres organisations des droits de l’homme commencent à avoir un impact dans la lutte contre l'impunité des crimes.  

 

  1. C’est le cas de la résolution 33/24 prise par le Conseil des droits de l'homme en date du 30 septembre 2016 qui établit une commission chargée entre autres de mener une enquête approfondie sur les violations des droits de l'homme et atteintes à ces droits commises au Burundi pour  en  évaluer l'ampleur et les qualifier en vue de lutter contre l'impunité au Burundi.

 

  1. Puis, en date du 22 novembre 2016, le Président du Conseil des Droits de l'Homme a nommé des éminentes personnalités de grande notoriété dans la défense des droits de l’homme,  Mr. Fatsah Ouguergouz (Algérie), Mme Reina Alapini Gansu (Benin) et Mr Françoise Hampson (Royaume Unie) comme membres de la commission d'enquête sur le Burundi en vertu de la résolution mentionnée du Conseil des Droits de l'Homme.

  1. Mais, malgré ces avancées significatives,  des défis restent nombreux. En effet, le Gouvernement a pris  conscience des conséquences liées au non respect de ses engagements en matière de protection des droits de l'homme et a malheureusement pris des mesures inappropriées pour se soustraire à l’observation internationale en suspendant sa coopération avec l'Office du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme au Burundi en octobre 2016.

 

  1. Pendant le même mois d'octobre, le Gouvernement du Burundi s'est retiré de la Cour Pénale Internationale croyant échapper à la Justice Pénale Internationale et il a exprimé son refus de coopérer avec la Commission d'enquête établie par le Conseil des Droits de l'Homme en novembre 2016.

  1. Puis, la récente position du Facilitateur Tanzanien W.B. Mkapa dans le conflit burundais, exprimée le 9 décembre 2016 à l'issue de sa visite au Burundi, de ne pas considérer certains opposants au régime de Bujumbura comme partie au dialogue inclusif risque de raviver les tensions politiques et d'aggraver la situation des droits de l'homme déjà précaire

 

Pour toutes ces raisons, SOS-TORTURE/ Burundi recommande :

 

Au Gouvernement burundais :

  • De tout mettre en oeuvre pour mettre fin à l'impunité des crimes et des violations des droits de l'homme en coopérant notamment avec les mécanismes de protection des droits de l'homme tant à l'échelle nationale qu'internationale.

 

  • De revoir sa décision de suspendre la coopération avec l'Office du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme au Burundi et de ne pas collaborer avec les membres de la commission d'enquête nommés par le Président du Conseil des Droits de l'homme en novembre 2016

  • De s'engager dans un dialogue véritablement  inclusif pour une solution durable à la crise car il est illusoire de prétendre que  la paix règne alors que plus de 300.000 personnes se sont réfugiés à l'étranger dans un contexte de violation continue des droits de l'homme dont les victimes se comptent par milliers.

Aux opposants politiques :

  • De tout mettre en oeuvre pour privilégier la voie du dialogue malgré la prise de position hostile à leur égard par le Facilitateur ex-président Tanzanien, Benjamin Mkapa.

  • De faire preuve de sagesse et de tact politique dans la recherche d'une médiation susceptible de bien piloter le dialogue extérieur inclusif et d'être respectueuse de toutes les parties au conflit pour une solution durable.

A la communauté internationale :

 

  • De continuer à user de son influence pour amener le Gouvernement burundais à respecter ses engagements en matière de protection des droits de l'homme en coopérant  notamment avec la commission d'enquête mise sur pied par le Conseil des Droits de l'homme et la Cour Pénale Internationale.

 

  • De constater que la médiation de l'EAC est dans l'impasse totale avec la position partisane du Facilitateur W.B. Mkapa et de tout mettre en oeuvre pour prévenir l'escalade de violence qui pourrait résulter de la rupture de dialogue inclusif.  

 

 

Fait à Bujumbura, le 12 décembre 2016

 

Pour  SOS-TORTURE / BURUNDI

Maitre  Armel NIYONGERE

                                                                                                                 Directeur

 
[1] Tous les rapports  publiés par la SOS-TORTURE / BURUNDI sont accessibles en ligne son site web (http://sostortureburundi.org/?page_id=63&lang=fr)

 

Déclaration

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