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SOS-TORTURE / BURUNDI

RAPPORT N°46 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 29OCTOBRE 2016

30 Octobre 2016 , Rédigé par DDH-Burundais

RAPPORT N°46 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 29OCTOBRE 2016

Ce rapport de SOS-Torture couvre la période du22au 29 octobre 2016. 

Le rapport évoque les arrestations arbitraires répertoriées durant cette semaine. Au nombre de ces arrestations figurent à nouveau des militants du parti d’opposition FNL (Front National pour la Libération) dirigé par le vice-président de l’Assemblée Nationale AgathonRwasa. Au moins quatre militants du FNL ont été arrêtés au cours de la semaine. Parmi eux, un jeune qui a été tabassé par des miliciens ‘Imbonerakure’ avant d’être arrêté par la police.

SOS-Torture Burundi évoque aussi la disparition forcée d’un soldat de l’armée burundaise. Le Caporal-chef Ernest Bagayuwitunze est sans trace depuis le 23 octobre 2016 ; introuvable dans les cachots officiels.

Le rapport évoque également la décision scandaleuse du gouvernement de radier et suspendre les principales organisations de la société civile burundaise ainsi que le syndicat des journalistes Burundais. Parmi les associations suspendues figure SOS-Torture Burundi, qui n’a pourtant pas demandé d’agrément au Burundi.

 

  1. Le Ministère de l’Intérieur a radié et suspendu les principales organisations de la société civile au Burundi

SOS Torture Burundi condamne de la manière la plus ferme la suspension provisoire et la radiation définitive de certaines organisations de la société civile dont SOS-Torture Burundi qui n’avait pas demandé d’agrément auprès de ce Ministère. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de harcèlement des défenseurs des droits humains et tout cela porte atteinte  à la liberté d’association des burundais et des défenseurs de droits humains en particulier.

Ces organisations sont accusées par ce Ministère de mener des activités qui  ne sont pas en conformité avec leurs objectifs  consignés dans leurs statuts  mais qui sont plutôt à perturber l’ordre et la sûreté  de l’Etat.

SOS-Torture/Burundi ainsi que d’autres organisations frappées par ces mesures s’engagent à continuer àenquêter sur les violations des droits de l’homme et de plaider pour la population.

 

  1. Arrestations arbitraires, enlèvements et disparitions forcées se poursuivent
  • La police a arrêté deux journalistes en date du 23 octobre 2016 dans le quartier Mutakura, zone Buterere (nord de Bujumbura). Il s’agit de Julia Steers de nationalité américaine et de Gildas Yihundimpunduun journaliste Burundais, qui se trouvaient en reportage près d’un emplacement où la police a affirmé avoir découvert il y a quelques mois une fosse commune à la 9ème avenue de ce quartier (cfr rapport SOS-Torture Burundi N°12 : http://sostortureburundi.over-blog.com/2016/03/sos-torture-burundi-n-12.html).

La journaliste américaine a été relâchée le même jour et remise à son Ambassade. Le journaliste Burundais Gildas Yihundimpunduainsi que leur chauffeur ont été incarcérés dans les cachots du service national des renseignements durant plusieurs heures avant d’être relâchés également le lendemain. SOS-Torture/Burundi déplore le harcèlement continu des journalistes. Cette interpellation était motivée par la police par des accusations de ‘tentative de destruction des preuves de cette fosse commune’ ; mais ces accusations sont sans fondement et n’avaient pour objectif que d’empêcher la poursuite du travail d’investigation des journalistes.

  • Un soldat de l’armée est porté disparu depuis le 23 octobre 2016. Il s’agit du Caporal-chef Ernest Bagayuwitunze de matricule 76820 affecté au camp militaire de Gakumbu (une dizaine de kilomètres à l’ouest de Bujumbura).

Des proches indiquent que ce militaire a été vu pour la dernière fois au campGakumbu et suivait une formation de brancardier. Des recherches ont été menées dans les cachots de la police ainsi qu’au service national des renseignements ; mais le Caporal-chef Bagayuwitunze est introuvable.

SOS-Torture Burundi craint une nouvelle disparition forcée d’un membre des forces de sécurité qui sont souvent victimes de ces pratiques mais aussi d’assassinats ciblés et arrestations arbitraires. Le soldat a intégré le mouvement rebelle, Palipehutu-FNL, avant d’incorporer l’armée après la signature du cessez-le-feu entre la rébellion et le gouvernement de l’époque. Le Caporal-chef Ernest Bagayuwitunze est marié et père de deux enfants.

Le Caporal-chef Ernest Bagayuwitunze, porté disparu depuis le 23 octobre 2016

  • Des agents de la police ont mené des rafles dans la zone Musaga (sud de Bujumbura) le 26 octobre 2016. Plus d’une centaine de personnes ont été rassemblés depuis tôt le matin et tenus de rester sur place durant des heures. Des témoins indiquent que l’opération visait l’identification des habitants par les ‘cahiers des ménages’, des documents exigés par l’administration depuis le début de la crise particulièrement dans les quartiers qui ont manifesté contre le troisième mandat du Président Burundais Pierre Nkurunziza et qui ne sont régis par aucune loi burundaise jusqu’à présent, constituant un moyen de harcèlement contre les populations des quartiers dits contestataires du troisième mandat du président burundais. Ces opérations ne visant qu’à extorquer de l’argent aux habitants, contraints de payer les agents de la police à chaque arrestation arbitraire.
  • Des jeunes miliciens de la ligue ‘Imbonerakure’ ont torturé un militant du parti d’opposition Front National de Libération (FNL) dirigé par AgathonRwasa, vice-président de l’Assemblée Nationale, dans la commune Buhiga, province Karuzi (Centre-Est du pays). La victime est ViateurNiyongere. Des agents de la police ont par la suite arrêté et emprisonné le jeune homme sans lui permettre de recevoir des soins pour les coups reçus. 

SOS-Torture Burundi dénonce une arrestation arbitraire d’une victime de torture sans mandat. Les jeunes miliciens du parti au pouvoir CNDD-FDD n’ont pas été poursuivis pour leurs actes et restent libres de leurs mouvements. Ceci est une complicité des forces de l’ordre avec des miliciens qui s’en prennent à des personnes civiles et non armées.

  • Des agents de la police ont arrêté une responsable politique du parti d’opposition FNL (Front National pour la Libération) dans la zone Ruyaga, commune Kanyosha, province Bujumbura Rural ainsi que son fils et un autre membre de la famille en date du 27 octobre 2016. Il s’agit de PascasieNdabihawenimana en charge des communes Kanyosha, Nyabiraba et Mugongo Manga pour le compte du parti FNL. Des proches au sein du parti FNL indiquent que Mme Ndabihawenimana est victime de ses convictions politiques et de la place qu’elle occupe dans les instances locales du parti. Elle est incarcérée avec son fils Egide Nitunga et son beau-frère Tite Barumbanze ; mais la police n’a fourni aucun mandat pour ces arrestations.

SOS-Torture Burundi constate que les exactions ciblant des militants d’opposition dont le parti FNL sont continuelles depuis le début de la crise. Mme Ndabihawenimanaest âgée de 65 ans et a une santé fragile de même que son beau-frère âgé de 70 ans détenu sans motif légal.

  • Des agents du service national des renseignements ont arrêté un jeune homme nommé Igor Manirakiza à Ruhwa dans la province Cibitoke (nord-ouest du pays) sur la frontière entre le Burundi et le Rwanda en date du 27 octobre 2016. Ce jeune homme est un résident de la zone Musaga (sud de Bujumbura) considérée comme contestataire du troisième mandat du Président Burundais.

Le jeune homme a été détenu dans un cachot de la police mais a par la suite été embarqué par les agents du service national des renseignements vers un lieu inconnu. SOS-Torture Burundi demande que les autorités policières communiquent son lieu de détention.

Igor Manirakiza, jeune homme arrêté à la frontière Burundo-Rwandaise

 

  1. Assassinats, exécutions sommaires et attaques armées répertoriés

 

  • Des agents de la police ontblessé un civil non armé nommé ThaddéNdayihereje dans la commune Matana, province Bururi (sud du pays) en date du 19 octobre 2016. Des proches de la famille rapportent que les policiers se sont introduits au domicile de M. Ndayihereje dans la nuit pour tenter de lui dérober de l’argent. La victime a été grièvement blessée par les policiers conduits par le chef de poste de police de la commune Matana.

SOS-Torture Burundi constate que les policiers ont violé le domicile de la victime, prétextant rechercher des armes, mais n’avaient aucun mandat de perquisition ni le droit de mener une fouille illégale à deux heures du matin. Aucun des agents de la police présent lors de l’opération n’a été appréhendé alors qu’ils ont tiré sur un civil non armé.

  • Un groupe degens armés ont abattu un jeune homme nommé MoiseTuyishemeze dans la soirée du 24 octobre 2016 sur la colline Gisovu, zone Kiyenzi, commune Kanyosha dans la province Bujumbura. La police a arrêté un suspect.
  • Le corps d’un homme a été découvert dans un champ entre les collines Muhira et Nkoroka, commune Buhiga, province Karuzi (Centre-Est du pays). Il s’agit d’un homme nommé Ezéchiel Habarugira assassiné par des inconnus. 

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