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SOS-TORTURE / BURUNDI

RAPPORT N°45 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 22OCTOBRE 2016

Rédigé par DDH-Burundais

RAPPORT N°45 DE SOS-TORTURE/BURUNDI PUBLIE LE 22OCTOBRE 2016

Ce rapport de SOS-Torture couvre la période du 15 au 22 octobre 2016. 

Le rapport évoque les arrestations arbitraires répertoriées dans différentes localités du pays. Au moins neuf personnes ont été arrêtées arbitrairement par des agents de la police parfois aussi par des jeunes miliciens de la ligue ‘Imbonerakure’ du parti au pouvoir CNDD-FDD.

SOS-Torture Burundi évoque aussi la comparution devant l’officier du Ministère public  desdix personnes arrêtées dans une même maison par des agents de la police à Mutakura, après plus de quinze jours de garde à vue dans les locaux   du service national des renseignements. .

Au moins huit personnes ont été assassinées au cours de la semaine écoulée. Parmi les victimes figurent trois personnes dont les corps ont été découverts dans des rivières et lac, une méthode  utilisée par les bourreaux  pour  faire disparaître les corps sans vie de leurs  victimes.

  1. Arrestations arbitraires, enlèvements et disparitions forcées se poursuivent

-          Des jeunes miliciens de la ligue ‘Imbonerakure’ ont arrêté et torturé Patience Bukeyeneza dans la zone Cankuzo, province Cankuzo (Est du pays) dans la soirée du 14 octobre 2016. La victime a été par la suite détenue  au cachot étant agonisante suite aux actes de  tortures subis. Ce n’est que le lendemain qu’il a été transféré dans une structure de soins à Cankuzo.

SOS-Torture Burundi constate que les miliciens du parti au pouvoir continuent de jouir de l’impunité totale et de la complicité de l’administration. La police ainsi que le Parquet à Cankuzo n’ont mené aucune action visant à arrêter les coupables qui circulent librement.

-          Des militaires ainsi que des agents du service national des renseignements ont arrêté un jeune homme surnommé ‘Maso’ au quartier 7 de la zone Ngagara (nord de Bujumbura) en date du 15 octobre 2016. Des témoins rapportent que le jeune homme a été embarqué dans un véhicule civil. Les proches de la victime n’ont aucune nouvelle du jeune homme depuis son arrestation.

SOS-Torture Burundi craint une disparition forcée. Le SNR doit rapidement communiquer le lieu de détention du jeune homme ainsi que les motifs de son arrestation. Lors de son embarquement forcé, aucun mandat n’a été présenté au jeune homme.

-          Des agents de la police ont arrêté deux militants du parti d’opposition FNL dans la province Gitega (centre du pays) le 17 octobre 2016. Il s’agit d’Edouard Nzambimana arrêté dans la commune Bugendana ainsi que Ladislas Sabukwigura arrêté dans la commune Rutegama à son domicile.

Les militants du parti FNL dirigé par Agathon Rwasa, actuel vice-président de l’Assemblée Nationale, font objet d’arrestations arbitraires dans plusieurs provinces du pays. SOS-Torture Burundi a répertorié au moins 69 cas d’arrestations arbitraires, de torture et de fuite de militants du parti FNL en l’espace d’un mois et demi entre août et septembre 2016 (cfr rapport SOS-Torture Burundi N°43 : http://sostortureburundi.over-blog.com/2016/10/rapport-n-43-de-la-campagne-sos-torture-burundi-publie-le-8-octobre-2016.html).

-          La police a arrêté un jeune homme prénommé Olivier dans la commune Mabanda, province Makamba (sud du pays) en date du 20 octobre 2016. L’arrestation a été menée par le responsable de la police de la commune Mugamba située en province Bururi d’où est originaire le jeune homme, ainsi que le commandant du camp militaire de Mabanda.

Aucun mandat n’a été présenté au jeune homme qui a été embarqué par le responsable de la police de Mugamba.

-          Dix personnes arrêtées au quartier Mutakura, zone Cibitoke (nord de Bujumbura) par des agents du service national des renseignements ont été transférés à la prison de Mpimba à Bujumbura le 18 octobre 2016 quelques heuresaprès leur comparution devant les magistrats instructeurs. Ces personnes avaient été arrêtées et détenues aux cachots du service national des renseignements depuis le 2 octobre 2016 (cfr rapport SOS-Torture Burundi N°43 : http://sostortureburundi.over-blog.com/2016/10/rapport-n-43-de-la-campagne-sos-torture-burundi-publie-le-8-octobre-2016.html).

Il s’agit de Nimubona Pierre, Ruvugana Josée (F), Yamuremye Chantal (F),  Ndayishimiye Thomas, Ndikumana Selemani, Nyandwi Jean Marie, Migero Polycarpe, Yombere Déo, Ndayizigiye Dionèse et le journaliste Salvator Nahimana de la radio Maria de l’Eglise Catholique. 

C’est le parquet de Ntahangwa (nord de Bujumbura) qui les a inculpés pour ‘tenue d’une réunion illégale visant à ravitailler des rebelles’. SOS-Torture Burundi constate que les prévenus avaient largement dépassé les délais de garde à vue  prévus par le Code de procédure pénale Burundais.

Certains des dix prévenus avant d’embarquer pour la prison de Mpimba                                

-          Des agents de la police ont arrêté Marcel Bigirimana dans la commune Rugombo, province Cibitoke (nord-ouest du pays) en date du 19 octobre 2016. Il s’agit d’un autre militant du parti d’opposition FNL dirigé par Agathon Rwasa. Des témoins indiquent que les policiers étaient accompagnés des jeunes miliciens de la ligue ‘Imbonerakure’ du parti au pouvoir CNDD-FDD.

Aucun mandat n’a été présenté à M.Bigirimana, victime d’arrestation arbitraire.

-          La police a arrêté trois personnes dans la commune Burambi, province Rumonge (sud du pays) le 21 octobre 2016. Il s’agit de deux militaires à la retraite et d’un civil saisis dans le cadre d’une enquête suite à une attaque armée survenue la veille (cfr point 2 de ce rapport).Ces deux  personnes sont actuellement détenues aux cachots de la commune Burambi.

SOS-Torture Burundi s’inquiète de ces arrestations qui visent en particulier des militaires issus de l’ancienne armée sans indice tangible et  irréfutable de culpabilité. 

 

  1. Assassinats, exécutions sommaires et attaques armées répertoriés

 

-          Une attaque armée a eu lieu dans la province Gitega (centre du pays) dans la soirée du 12 octobre 2016. L’attaque visait un camion-citerne transportant du carburant. Le conducteur du véhicule a été tué lors de l’attaque dont les auteurs sont inconnus.

-          Une autre attaque armée a eu lieu sur la colline Sakinyonga, commune Matana, province Bururi (sud du pays) dans la nuit du 13 au 14 octobre 2016. L’attaque a fait deux  blessées qui sont des militaires à la retraite.

-          Le corps d’un jeune homme violemment assassiné a été découvert sur les berges du Lac Cohoha emballé dans un sac lesté de nombreuses pierres le 15 octobre 2016. Le sac avait échoué sur la colline Kiyonza, commune Bugabira, province Kirundo (nord du pays).

SOS-Torture Burundi constate qu’il s’agit d’une exécution sommaire dont les auteurs sont inconnus. L’administration locale a aussitôt inhumé le corps sans malheureusement procéder à l’identification de la victime. Ce n’est pas la première fois que des corps sont retrouvés dans des rivières ou lacs depuis le début de la crise ; les victimes étant le plus souvent assassinées et jetées dans les eaux dans une tentative de faire disparaître les corps. SOS-Torture Burundi demande aux autorités administratives de laisser procéder à l’identification des victimes ainsi qu’à la police d’enquêter sur les circonstances de ces assassinats macabres.

-          Des individus inconnus ont assassiné Béatrice Barakamfitiye sur la colline Mubuga, commune Rugazi, province Bubanza (ouest du pays) très tôt le 16 octobre 2016. La victime a été assassinée à la machette ainsi que son enfant âgé de 2 ans seulement qu’elle portait dans le dos, mortellement blessée à la tête par les mêmes individus inconnus pour le moment. La police a arrêté deux suspects après le double assassinat : son mari nommé Martin Ryankaribona ainsi que son fils ainé Régis Hakizimana.

Les victimes : Béatrice et son enfant

-          Le corps d’un homme nommé Oscar Ntibaziyandemye a été retrouvé sur la 2ème avenue à Ruhagarika, commune Buganda en province Cibitoke (nord-ouest du pays). La victime a été assassinée car le corps présentait des blessures.

-          Un autre corps a été retrouvé dans la zone Vyuya, commune Mugamba, province Bururi (sud du pays) en date du 18 octobre 2016. Des témoins indiquent que le corps se trouvait dans la vallée de la rivière Kibaya et qu’il s’agit de Nestor Negamiye, un ancien militaire porté disparu depuis le 3 octobre 2016.

La famille de M. Negamiye a formellement identifié le corps de la victime malgré son début de décomposition. Elle avait par ailleurs alerté dès sa disparition le 3 octobre 2016 (deux semaines avant la découverte de son corps). La police doit rapidement enquêter pour faire la lumière sur cette disparition forcée suivie d’une exécution sommaire, des pratiques qui s’observent régulièrement dans différentes localités du pays.

-          Le corps d’une autre personne a été également découvert sur les berges de la rivière Kanyaru séparant la frontière nord du Burundi et du Rwanda en date du 19 octobre 2016. Le corps en décomposition avancé était emballé dans un sac sur la colline Kigaga, commune Ntega, province Kirundo (nord du pays).

-          Une attaque armée a eu lieu sur la colline Gahinda, zone Murago, commune Burambi, province Rumonge (sud du pays) dans la soirée du 20 octobre 2016. L’attaque visait un bistrot de la localité et l’un des clients nommé Protais Nijimbere a été tué.

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